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C'est la baisse des ventes de Gucci au deuxième trimestre.
Pourquoi est-ce le chiffre le plus important ? À première vue, il peut sembler décevant. Pourtant, c'est la principale raison pour laquelle l'action a bondi de plus de 15 % après les résultats. Le marché anticipait une baisse de 4 %. Gucci fait donc deux points de mieux que le consensus et améliore nettement sa trajectoire après un recul de 8 % au premier trimestre. Pour les investisseurs, ce n'est pas encore le retour de la croissance, mais c'est le premier signal crédible que le redressement fonctionne.
Pour un investisseur de long terme, ce chiffre est plus révélateur que le simple niveau des ventes. Il montre que la principale marque de Kering ralentit enfin son déclin, ce qui pourrait marquer le début d'un véritable retournement opérationnel.
Les résultats en 30 secondes
- Le groupe renoue avec la croissance au deuxième trimestre (+2 %), contre +1,7 % attendu par les analystes, une première après plusieurs trimestres de recul.
- La marge opérationnelle progresse à 12,8 %, grâce à une forte discipline sur les coûts.
- La dette nette chute de 8,0 à 3,3 milliards d'euros, renforçant considérablement le bilan du groupe.
- Les objectifs annuels sont confirmés, malgré un environnement de marché toujours difficile.
- L'action grimpe de plus de 10 % après la publication, signe que le marché accorde davantage de crédibilité au plan de redressement.
Les bonnes nouvelles
Gucci accélère plus vite que prévu
Le ralentissement de la baisse des ventes constitue la grande surprise de cette publication. Lors du conference call, Luca de Meo a souligné que les nouvelles collections rencontrent un accueil encourageant, notamment dans la maroquinerie, et que les meilleures boutiques Gucci affichent déjà des performances nettement meilleures.
Les marges devraient continuer de progresser
Autre bonne surprise du conference call : alors que Kering prévoyait initialement des dépenses opérationnelles stables en 2026, la direction vise désormais une baisse des coûts sur l'ensemble de l'année tout en maintenant ses investissements dans les marques. Cette évolution pourrait soutenir des bénéfices supérieurs aux attentes du marché.
Le bilan est beaucoup plus solide
La dette nette a été réduite de 4,7 milliards d'euros en seulement six mois. Cette amélioration renforce la solidité financière du groupe et lui offre davantage de flexibilité pour investir dans ses marques tout en réduisant son risque financier.
Les autres marques soutiennent la reprise
Saint Laurent retrouve la croissance, Bottega Veneta poursuit son accélération et les divisions Joaillerie et Lunettes affichent une croissance à deux chiffres. Le redressement du groupe ne dépend donc plus exclusivement de Gucci.
Les points de vigilance
La Chine reste le principal risque
Les analystes ont largement interrogé la direction sur ce sujet pendant le conference call. Luca de Meo reconnaît que Gucci doit encore reconstruire son image en Chine et décrit ce travail comme un chantier de long terme, sans promettre de rebond rapide.
Le troisième trimestre sera probablement calme
La direction prépare clairement le marché à une période de transition. Le troisième trimestre devrait rester globalement stable avant une accélération attendue au quatrième trimestre grâce au déploiement complet des nouvelles collections Gucci.
Gucci n'est pas encore revenue en croissance
Malgré cette amélioration encourageante, Gucci enregistre encore son douzième trimestre consécutif de baisse des ventes. Le véritable test sera de transformer cette amélioration progressive en croissance durable.
La reprise dépend de la qualité d'exécution
Le management rappelle que le redressement ne sera pas linéaire. Son succès dépendra du lancement des nouvelles collections, de la qualité des produits, de la gestion des stocks, de la politique tarifaire, de la rénovation des boutiques et des investissements marketing.
Le chiffre à surveiller
Les ventes comparables de Gucci au quatrième trimestre
Le quatrième trimestre sera probablement le véritable test du plan de redressement.
Il intégrera la première collection complète de Demna, le déploiement mondial de Primavera, une importante campagne marketing ainsi que la collection Core Cruise.
Si Gucci retrouve enfin une croissance comparable à cette période, le marché considérera probablement que le redressement est réellement engagé.
Ce qu'il faut retenir
Cette publication est importante parce qu'elle modifie progressivement la perception des investisseurs. Pour la première fois depuis longtemps, Gucci fait mieux que les attentes, les marges progressent, la dette diminue fortement et la direction semble mieux maîtriser l'exécution de son plan de transformation.
Le conference call renforce cette impression. Le management s'est montré transparent sur les difficultés, notamment en Chine, tout en apportant des éléments concrets sur les leviers de redressement : nouvelles collections, amélioration de la qualité, meilleure gestion des stocks et discipline sur les coûts.
Pour un investisseur de long terme, la thèse d'investissement apparaît renforcée. Le marché ne se demande plus uniquement si Gucci peut se redresser, mais si ce redressement sera suffisamment rapide et durable pour justifier une révision à la hausse des attentes des analystes dans les prochains trimestres.
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