Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Saxo Group
La demande liée à l’intelligence artificielle dynamise l’activité des puces pour serveurs d’Intel, plus rapidement que son activité dédiée aux ordinateurs personnels.
L’amélioration de la production des usines et le renforcement des marges montrent que l’exécution progresse, et qu’il ne s’agit pas uniquement d’un effet de la demande.
La fonderie reste le test décisif, car la majorité de ses revenus provient encore de la fabrication de ses propres puces, plutôt que de contrats avec des clients externes.
Le retour en force d’Intel ne repose désormais plus uniquement sur l’espoir. Le 23 juillet 2026, le fabricant de puces a publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et relevé ses perspectives. La demande en processeurs pour centres de données a bondi, les usines ont produit davantage de puces exploitables et la rentabilité s’est améliorée.
L’action a progressé après l’annonce, avant de céder une grande partie de son gain initial. Intel a démontré des progrès, mais le marché a déjà largement récompensé l’histoire du redressement cette année. Un bon trimestre confirme la tendance. Il ne définit pas encore l’issue.
Intel conçoit des processeurs et possède les usines qui les fabriquent. Ses unités centrales de traitement (CPU) sont les cerveaux polyvalents qui équipent les ordinateurs et les serveurs.
Les unités de traitement graphique (GPU), fournies notamment par des entreprises comme Nvidia, concentrent l’essentiel de l’attention. Elles réalisent les calculs intensifs nécessaires aux modèles d’intelligence artificielle. Pourtant, les centres de données ont également besoin de CPU pour organiser les données, gérer les applications et assurer le bon fonctionnement des systèmes.
Ce rôle devient encore plus précieux à mesure que l’intelligence artificielle évolue : elle ne sert plus seulement à entraîner des modèles, mais aussi à les utiliser dans des tâches quotidiennes. Davantage d’applications et d’agents automatisés nécessitent davantage de puissance informatique générale autour de chaque accélérateur.
Le chiffre d’affaires total d’Intel a progressé de 25 %, tandis que sa division dédiée aux centres de données et à l’intelligence artificielle a augmenté de 59 %, selon les résultats du deuxième trimestre publiés par l’entreprise et rapportés par Bloomberg. La direction a également indiqué que la demande dépassait l’offre. Pour l’ensemble du secteur, cela suggère que l’essor dépasse désormais une seule catégorie de produits. L’orchestre compte toujours un soliste célèbre, mais le reste du groupe commence à se faire entendre davantage.
Une forte demande n’est utile que si une entreprise est capable d’y répondre. Intel a passé plusieurs années à faire face à des retards industriels, une production insuffisante et des plans d’expansion coûteux.
Intel a indiqué que ses rendements de production s’étaient améliorés. Le rendement correspond à la proportion de puces fabriquées qui fonctionnent suffisamment bien pour être vendues. De meilleurs rendements réduisent les pertes, augmentent l’offre disponible et répartissent les coûts des usines sur un plus grand nombre de produits.
La marge brute d’Intel, c’est-à-dire la part du chiffre d’affaires restante après les coûts de production, a atteint environ 40 %. Elle reste inférieure aux meilleurs niveaux historiques du groupe, mais la direction prise est importante. L’entreprise est également passée d’une perte opérationnelle à un bénéfice opérationnel.
Les comptes publiés affichent une perte nette très importante, mais celle-ci provient principalement d’une réévaluation comptable liée à des actions détenues pour le gouvernement américain. Les activités opérationnelles sous-jacentes étaient bénéficiaires. La comptabilité peut parfois donner l’impression qu’un patient en convalescence vient de dévaler un escalier.
Intel souhaite fabriquer des puces pour des clients externes, à l’image de Taiwan Semiconductor Manufacturing Company. Cette activité de fabrication à la demande est appelée une fonderie.
Les revenus de la fonderie ont fortement progressé, soutenus par une meilleure production et par la demande interne. Toutefois, la majorité des ventes provient encore des propres divisions produits d’Intel, et cette activité reste lourdement déficitaire. Une hausse du chiffre d’affaires ne signifie pas encore que l’entreprise a réussi à attirer des clients externes rentables.
Intel a indiqué mener plusieurs discussions avec des clients et progresser sur ses nouvelles technologies de fabrication. Les investisseurs attendent désormais des preuves plus concrètes : des clients identifiés, des engagements fermes de production et une réduction des pertes.
L’entreprise augmente également ses investissements. Cela peut soutenir la croissance, mais les usines consomment des liquidités longtemps avant de générer des bénéfices réguliers. La question n’est pas de savoir si Intel est capable de dépenser. L’histoire a déjà répondu à cela. Il s’agit de déterminer si chaque investissement génère un rendement acceptable.
Le premier risque est un ralentissement des dépenses liées à l’intelligence artificielle avant qu’Intel ne puisse tirer suffisamment de revenus de ses nouvelles capacités. Il faudra surveiller les commandes clients, les conditions d’approvisionnement et les prévisions de la direction.
Le deuxième concerne l’exécution industrielle. Les rendements devront continuer à progresser à mesure qu’Intel adopte des technologies plus avancées. Des retards, une hausse des coûts ou une dégradation des marges remettraient en question le redressement.
Le troisième risque est celui des attentes. L’action Intel a fortement progressé, si bien que même de solides résultats pourraient décevoir si les investisseurs attendent une progression presque parfaite. Une amélioration de l’activité et un cours de Bourse élevé sont liés, mais ce ne sont pas des jumeaux identiques.
Intel abordait cette publication de résultats avec la nécessité de prouver que son retour en force devenait un résultat économique concret plutôt qu’une simple histoire racontée par le marché. L’entreprise y est parvenue. La demande liée à l’intelligence artificielle soutient les processeurs pour serveurs, les usines gagnent en efficacité et les marges se redressent.
L’étape suivante sera plus difficile. Intel doit améliorer son approvisionnement, préserver sa rentabilité et convaincre des clients externes de faire confiance à ses usines. L’entreprise doit également financer cet effort sans laisser les investissements dépasser sa capacité à générer des liquidités.
Un trimestre solide ne suffit pas à restaurer un champion déchu, mais il modifie le niveau de preuve attendu. Intel n’a plus besoin de démontrer qu’un redressement est possible. Il doit désormais montrer qu’il est reproductible. Les retours en force attirent l’attention. La constance crée de la valeur.
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