Point de marché – 23 mars 2026
Point de marché – 23 mars 2026
Moteurs et catalyseurs de marché
- Actions : Les marchés actions mondiaux ont reculé, les États-Unis et l’Europe clôturant en baisse tandis que l’Asie a fortement chuté sur fond de craintes liées à l’énergie et aux taux.
- Volatilité : Risque iranien, craintes d’inflation liées au pétrole, repositionnement après échéances, attention portée aux données PMI
- Actifs numériques : Tonalité risk-off, résilience relative du bitcoin, sorties de capitaux sur IBIT/ETHA
- Marché Obligatoire : Forte pression sur les obligations mondiales en raison des craintes inflationnistes, avec des rendements américains et européens atteignant de nouveaux sommets de cycle.
- Devises : Rebond du dollar américain, mais attrait limité en tant que valeur refuge. Faiblesse de l’AUD
- Matières premières : L’or sous pression en raison de la demande de liquidité ; les prix de l’énergie restent soutenus avec l’escalade des tensions autour du détroit d’Ormuz
- Événements macro : Interventions de la BCE et de la Fed, CPI national japonais de février (tôt mardi)
Actualités macroéconomiques
- Trump a lancé un ultimatum de 48 heures (expirant tard lundi) à l’Iran pour rouvrir le détroit d’Ormuz, sous peine de frappes contre les centrales électriques iraniennes. L’Iran a indiqué qu’il ne céderait pas et qu’il ciblerait les infrastructures énergétiques et informatiques des États-Unis et d’Israël.
- Israël a déclaré avoir entamé « une vague de frappes étendues visant des infrastructures » en Iran, avec de fortes explosions entendues à Téhéran.
- Les Gardiens de la Révolution iraniens ont averti que si le président Trump visait les installations énergétiques iraniennes, le détroit d’Ormuz serait fermé jusqu’à réparation, et que des centrales électriques et infrastructures israéliennes seraient prises pour cible.
- Les ventes au détail au Canada auraient progressé de 0,9 % en février 2026, après une hausse de 1,1 % en janvier. Les ventes de véhicules automobiles ont augmenté de 2 %, tandis que celles d’essence ont reculé de 0,4 %. Le chiffre d’affaires du commerce de détail a progressé de 1,5 % sur un an en février.
- Le solde des carnets de commandes au Royaume-Uni s’est amélioré à -27 en mars 2026, dépassant les attentes. Les commandes industrielles reculent au rythme le plus lent depuis septembre. Les anticipations de production sont remontées à -3 et la croissance des prix a ralenti à +12. L’économiste du CBI Cameron Martin a mis en garde contre la hausse des coûts énergétiques et les perturbations des chaînes d’approvisionnement liées au conflit au Moyen-Orient.
Principaux événements macro (heures en GMT)
08h45 – Intervention d’Escriva (BCE) à Madrid
12h30 – Indice d’activité nationale de la Fed de Chicago
12h45 – Intervention de Stephen Miran (Fed) sur Bloomberg TV
15h00 – Intervention de Cipollone (BCE) à Bruxelles
16h00 – Intervention de Lane (BCE) à Francfort
20h00 – Intervention du gouverneur de la RBNZ, Breman (Nouvelle-Zélande)
23h30 – CPI national du Japon (février)
Résultats cette semaine
- Mardi : Gamestop
- Mercredi : PDD Holding, Paychex
- Vendredi : Carnival
Actions
- États-Unis : Le S&P 500 a reculé de 1,5 %, le Nasdaq a perdu 2,0 % pour atteindre un plus bas de six mois, et le Dow a cédé 1,0 %, alors que la guerre en Iran entrait dans sa quatrième semaine et que les craintes d’inflation liée au pétrole maintenaient les investisseurs en mode risk-off. La décision de la Fed de maintenir ses taux entre 3,50 % et 3,75 % a renforcé l’idée de taux durablement élevés, tandis que les rendements des Treasuries continuaient de grimper. Micron a chuté de 4,8 % en raison de ses plans d’investissement plus importants, Super Micro a plongé de 33,3 % sur fond d’accusations de contrebande de puces liées à d’anciens associés, et FedEx a progressé de 0,8 % après des prévisions positives. Les marchés surveillent désormais si les prix du pétrole se stabilisent, ce qui n’est pas encore le cas.
- Europe : L’Euro STOXX 50 a reculé de 2 %, le STOXX 600 de 1,8 % et le FTSE 100 de 1,4 %, l’Europe subissant plus fortement le choc énergétique que d’autres régions. Les investisseurs ont réagi à la hausse des prix du pétrole et du gaz, à la vente massive d’obligations souveraines et aux nouvelles spéculations selon lesquelles la BCE pourrait encore relever ses taux à deux reprises cette année après les avoir maintenus la semaine dernière. Les secteurs financier et énergétique ont chacun reculé de 2,0 %, tandis qu’Unilever a gagné 0,5 % après avoir confirmé des discussions sur la cession de son activité alimentaire et qu’Infineon a progressé de 1,5 % après une recommandation relevée à surpondérer chez JPMorgan. Le prochain test sera de voir si les craintes inflationnistes restent limitées à l’énergie ou s’étendent à l’économie dans son ensemble.
- Asie : Les actions asiatiques ont fortement reculé lundi. Le Nikkei japonais a chuté de 3,5 %, le marché sud-coréen de 5,8 %, le CSI 300 chinois de 2,4 % et l’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon de 3,2 %, après l’ultimatum de 48 heures de Trump concernant le détroit d’Ormuz et les menaces de représailles iraniennes, qui ont fait grimper le pétrole et accentué les craintes de hausse des taux. À Séoul, Samsung Electronics a perdu 5,0 %, SK Hynix 5,5 % et Naver 4,7 %, les investisseurs étrangers et locaux vendant massivement. L’Asie devrait continuer de dépendre de l’évolution du pétrole, des perturbations du transport maritime et de l’intensité des tensions géopolitiques.
Volatilité
- La volatilité reste élevée, les marchés étant davantage guidés par les risques macroéconomiques que par les actualités propres aux entreprises. Le conflit iranien est entré dans sa quatrième semaine, maintenant les prix du pétrole à des niveaux élevés et renforçant les inquiétudes concernant l’inflation et le ralentissement de la croissance. Pour les investisseurs, cela signifie qu’une pression durable sur l’énergie pourrait retarder d’éventuelles baisses de taux et peser sur la confiance. Les marchés continuent également de s’ajuster après les « triple witching » de vendredi dernier, ce qui entraîne généralement des repositionnements et une volatilité accrue en début de semaine. Les publications PMI et les données de confiance des consommateurs seront suivies de près pour évaluer l’impact du choc énergétique sur l’économie réelle.
- D’après les prix actuels des options sur le SPX, le marché anticipe un mouvement d’environ ±178 points (±2,74 %) d’ici le 27 mars, tandis que le mouvement attendu aujourd’hui est d’environ ±88 points (±1,35 %). Le positionnement des options montre un léger biais haussier, les calls étant légèrement plus chers que les puts comparables, suggérant que les investisseurs ne se positionnent pas agressivement pour une forte baisse à court terme.
Actifs numériques
- Les actifs numériques reculent à nouveau, le bitcoin résistant mieux que l’ensemble du marché. Le bitcoin évolue autour de 67 800 $, tandis que l’ether est plus faible autour de 2 035 $, et que des altcoins comme Solana (~85,6 $) et XRP (~1,37 $) poursuivent leur baisse. Le principal moteur reste macroéconomique : les tensions géopolitiques liées à l’Iran éloignent les investisseurs des actifs risqués, et les cryptomonnaies évoluent actuellement davantage en corrélation avec les actions qu’en tant que valeur refuge.
- Les flux d’ETF restent un facteur défavorable. Les données récentes montrent des sorties continues sur les ETF bitcoin et ethereum, notamment IBIT et ETHA, reflétant un positionnement institutionnel prudent. L’activité sur options présente également une image contrastée, avec un positionnement haussier sélectif sur certaines valeurs comme MicroStrategy, mais des stratégies de couverture marquées sur Coinbase, les ETF et les mineurs de crypto. En résumé, le bitcoin fait preuve d’une relative solidité, mais le sentiment global reste fragile en l’absence de flux entrants durables.
Marché Obligatoire
- Les bons du Trésor américain ont fortement reculé vendredi sur l’ensemble de la courbe des taux, les investisseurs craignant que la guerre en Iran n’alimente durablement l’inflation. Le rendement à 2 ans a augmenté de plus de dix points de base, passant de 3,79 % à près de 3,90 %, puis à 3,93 % lundi matin, suggérant que le marché anticipe désormais davantage une hausse des taux par le FOMC plus tard dans l’année. Le rendement à 10 ans a grimpé de 13 points de base, de 4,25 % jeudi à 4,38 % vendredi, puis au-dessus de 4,40 % lundi, atteignant son plus haut niveau depuis juillet dernier.
- Les rendements des obligations souveraines européennes ont de nouveau fortement augmenté, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et des tensions sur les Treasuries américains. Le Schatz allemand à 2 ans a gagné huit points de base pour atteindre 2,67 %, son plus haut niveau depuis juillet, tandis que le Bund à 10 ans a atteint 3,04 %, un sommet depuis 2011. Les spreads intra-zone euro se creusent à nouveau : l’écart de rendement à 10 ans entre l’Allemagne et la France s’est élargi à 71 points de base, son plus haut niveau de l’année.
- Les obligations japonaises ont reculé lundi, dans le sillage des marchés mondiaux. Le rendement du JGB à 2 ans a progressé à près de 1,30 %, proche de ses plus hauts de cycle (niveau inédit depuis 1996), tandis que le rendement à 10 ans a atteint 2,305 %, encore inférieur au sommet de 2,36 % atteint en janvier.
Matières premières
- Le repli des métaux précieux se poursuit, avec un or passant sous les 4 200 USD après sa plus forte baisse hebdomadaire depuis 1983. Le conflit au Moyen-Orient provoque un choc macroéconomique global et une revalorisation des actifs. Les craintes d’inflation liées au pétrole ont fait évoluer les anticipations de taux aux États-Unis, passant de baisses à de potentielles hausses. Dans ce contexte, le dollar fort et la volatilité élevée ont transformé l’or en source de liquidité. L’or se rapproche désormais de sa moyenne mobile à 200 jours autour de 4 090 USD.
- Les prix du pétrole restent soutenus après l’ultimatum de Trump à l’Iran concernant le détroit d’Ormuz. Les produits raffinés, notamment le diesel et les produits pétrochimiques, signalent une forte tension de l’offre. Le marché du brut a été initialement amorti par des stocks flottants, mais ce tampon s’érode progressivement. La marge du gasoil par rapport au Brent dépasse désormais les niveaux observés en 2022, tandis que le kérosène à Singapour atteint un record de 222 USD le baril, en hausse de 137 % depuis le début du conflit.
Devises
- Le dollar américain a légèrement rebondi vendredi, sans véritable statut de valeur refuge. Malgré la baisse des marchés actions, il n’a que partiellement récupéré après son recul post-FOMC. L’EURUSD évolue autour de 1,1540 lundi matin (contre 1,1570 vendredi), tandis que l’USDJPY progresse vers 159,50.
- L’EURCHF reste au-dessus de 0,9100, le franc suisse perdant son attrait refuge dans un contexte de baisse de l’or et de position plus restrictive de la BCE, combiné aux interventions verbales de la BNS.
- L’AUDUSD recule nettement sous l’effet d’un sentiment de risque dégradé et de la faiblesse des métaux, passant sous 0,7000 à 0,6966 et se rapprochant de ses plus bas de début février.
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