Outrageous Predictions
La Belgique constitue une réserve stratégique de cacao avec sa Réserve Nationale de Chocolat
Ole Hansen
Responsable de la stratégie des matières premières
Entraîneur d'investisseurs
Relevé: Un des adages boursiers les plus connus est formulé comme suit : “Sell in May and go away, but remember to come back in September”. Cette règle tient-elle vraiment la route ? Existe-t-il réellement un effet saisonnier ? Hans Oudshoorn s’est penché sur la question.
Ce contenu est du matériel marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. Le trading d’instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.
Bien que les adages boursiers paraissent souvent amusants, ils recèlent généralement une dimension plus sérieuse. Aujourd’hui, je vous propose de creuser l’un des dictons les plus connus : ‘Sell in May and go away, but remember to come back in September’. Cette expression très répandue chez les investisseurs suggère que les rendements boursiers sont plus faibles entre mai et août, et qu’il serait judicieux de vendre ses actions au printemps. Puis de revenir sur les marchés début septembre, période réputée plus favorable.
Nous étant actuellement en mai, la question se pose : ce dicton repose-t-il sur une part de vérité ? De nombreuses études se sont penchées sur ce phénomène au cours des dernières décennies. Certaines semblent, à première vue, confirmer cet adage. Faut-il pour autant vendre ses actions maintenant que le mois de mai a commencé ? Ou est-ce prématuré ? Dans cet article, nous tentons de vous apporter plus de clarté sur cet effet saisonnier.
Selon la tradition, ce dicton remonterait à une époque où les notables – autrefois, investir était réservé aux médecins, bourgmestres et notaires – quittaient la ville pour rejoindre leurs domaines à la campagne durant l’été, avant de revenir à l’automne pour se consacrer à leur activité professionnelle et aux marchés (boursiers).
Aujourd’hui, certains avancent que la vente d’une partie du portefeuille pour financer les vacances d’été – ou disposer d’un peu de liquidités supplémentaires – pourrait expliquer des rendements plus faibles durant cette période, et ainsi donner du crédit à cette vieille règle. D’autres estiment que les investisseurs préfèrent réduire leur exposition au risque en été, puisqu’ils sont moins enclins à suivre de près leurs investissements pendant leurs congés. Mais qu’en disent les chercheurs ?
Les chercheurs Sven Bouman et Ben Jacobsen ont publié en juillet 2001 une conclusion claire dans leur étude. Dans 36 des 37 pays analysés, les rendements mensuels moyens entre novembre et avril se sont révélés nettement supérieurs à ceux observés entre mai et octobre (sur la période 1970-1998). Halloween (31 octobre) marquerait, selon eux, un point de bascule pour les investisseurs, d’où l’appellation “effet Halloween”. Après Halloween, les conditions sont généralement plus favorables : les rendements hivernaux dépassent souvent les 8 %. Même si septembre n’apparaît pas comme le mois du retour, la période de novembre à avril se distingue clairement, en particulier en Europe.
Suite à ces travaux, les chercheurs Edwin Maberly et Raylene Pierce ont publié en 2004 une analyse critique de l’étude de Bouman et Jacobsen. En se concentrant sur le marché américain, ils sont arrivés à une conclusion différente : lorsque l’on exclut les mouvements extrêmes – comme le krach d’octobre 1987 – l’effet Halloween disparaît.
Ces conclusions sceptiques ont conduit Ben Jacobsen à lancer une étude plus vaste avec Cherry Zhang. Ils ont alors analysé des données issues de 109 pays, remontant jusqu’en 1694 (!). Leurs principaux résultats, publiés en octobre 2012 (et révisés en octobre 2018) ? En moyenne, le “rendement d’été” (mai-novembre) s’élève à 2,4 %, contre 6,9 % pour le “rendement d’hiver” (novembre-mai), soit un écart de 4,5 % en faveur des mois d’hiver.
Ils ont également montré que le véritable moment de retour – comme suggéré dans la première étude à laquelle Bouman participait – se situe non pas début septembre, mais à la fin octobre. Là encore, l’effet Halloween ressort clairement.
En d’autres termes, faut-il “Sell in May and go away” ? Peut-être, mais surtout si vous êtes un investisseur actif et que vous identifiez de meilleures opportunités durant l’été. Si vous investissez à long terme, d’autres critères priment généralement dans vos décisions. Votre portefeuille reste-t-il en adéquation avec votre profil de risque ? Autrement dit, la répartition entre liquidités, actions et obligations est-elle toujours adaptée à vos objectifs ? Et au vu des rotations actuelles des marchés, avez-vous un bon équilibre entre actions de valeur et actions de croissance ?
Enfin, il convient de rappeler que les différentes études disponibles peuvent parfois se contredire et reposent sur des données historiques. Rien ne garantit que les mêmes schémas se répéteront à l’avenir. Un effet saisonnier n’est pas forcément durable, et même des tendances bien établies pourraient perdre de leur pertinence dans les années à venir.