BE J5 Q4 2026 TREA good news is not enough 1400x768

Q&A: Les actions liées à l’IA reculent malgré les bonnes nouvelles. Comment l’expliquer ?

Actions 10 minutes de lecture
Avertissement : Ce document constitue une communication marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. Investir dans des instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Ce qu’il faut savoir :

  • Les bonnes nouvelles ne suffisent plus. La demande liée à l’IA reste soutenue, mais les valorisations, les coûts de financement et le retour sur investissement prennent une importance croissante.
  • Les risques de crédit liés à l’IA passent au premier plan. La vague de ventes sur les obligations de CoreWeave souligne les inquiétudes entourant les projets d’expansion des infrastructures financés par la dette, même si toutes les entreprises de l’IA ne sont pas exposées aux mêmes risques.
  • Les marchés sont tiraillés entre les craintes d’inflation et de ralentissement. Les marchés intègrent toujours une hausse des taux de la Fed en décembre, mais le ralentissement de la croissance économique devient un facteur de plus en plus déterminant.
  • Les résultats des entreprises et l’équilibre des portefeuilles comptent. Les investisseurs ont davantage intérêt à se concentrer sur les flux de trésorerie, la discipline d’investissement et la diversification qu’à délaisser entièrement les perspectives de croissance structurelle.


 

1. Les entreprises de l’IA continuent d’annoncer de bonnes nouvelles. Pourquoi leurs actions reculent-elles malgré tout ?

Le secteur de l’IA a publié des chiffres remarquables ces dernières semaines.

  • Micron : Le chiffre d’affaires du quatrième trimestre de son exercice a atteint 54,2 milliards de dollars, contre 11,3 milliards un an plus tôt, signe d’une demande exceptionnelle de puces mémoire.
  • TSMC : Le chiffre d’affaires de septembre a progressé de 54,6 % sur un an, confirmant la vigueur persistante de la demande de semi-conducteurs.
  • Samsung : Selon les chiffres préliminaires, le bénéfice opérationnel du troisième trimestre était près de neuf fois supérieur à celui enregistré un an auparavant, tout en restant inférieur aux attentes élevées du marché.
  • ASML : Le groupe a relevé ses prévisions de chiffre d’affaires annuel, tandis que ses clients commandent des équipements dont les livraisons s’échelonnent jusqu’en 2029 et 2030.
  • Anthropic : L’entreprise a annoncé un chiffre d’affaires de 16,8 milliards de dollars au troisième trimestre, soit environ 45 % de plus qu’au trimestre précédent.
  • Oracle : Le chiffre d’affaires des infrastructures cloud a progressé de 121 % sur un an, reflétant l’accélération de la demande de puissance de calcul pour l’IA.

Ces chiffres sont loin de signaler un effondrement de l’industrie de l’IA. Pourtant, les valeurs technologiques peinent à poursuivre leur progression.

Le problème n’est pas que la demande a disparu. Les investisseurs se demandent de plus en plus quelle part de la croissance future est déjà intégrée dans les valorisations, comment cette expansion est financée et quand ces investissements dégageront un rendement suffisant.

Pendant une grande partie de la hausse, la perspective d’investissements croissants dans l’IA suffisait à faire monter presque toutes les valeurs liées à cette thématique. Aujourd’hui, les marchés se montrent plus exigeants et examinent de plus près la rentabilité, le financement et la discipline d’investissement.

 

2. Que se passe-t-il chez CoreWeave et pourquoi ses obligations sont-elles sous pression ?

CoreWeave est devenu l’un des signaux d’alerte les plus manifestes sur le marché du financement de l’IA.

Le rendement de certaines obligations de ce fournisseur de cloud spécialisé dans l’IA a grimpé à près de 15 %, ce qui indique que les investisseurs exigent une rémunération nettement plus élevée pour le risque de crédit.

Ces inquiétudes tiennent au fait que les infrastructures d’IA nécessitent d’énormes investissements initiaux dans les GPU, les centres de données, les réseaux et les systèmes énergétiques, alors que les revenus censés justifier ces dépenses pourraient ne se matérialiser que plusieurs années plus tard.

CoreWeave a largement eu recours à l’endettement pour financer son expansion rapide, ce qui le rend plus sensible à la hausse des coûts de financement et aux risques de refinancement.

Les principaux défis sont notamment les suivants :

  • Des coûts de financement élevés : Lever de nouveaux fonds devient plus coûteux, ce qui peut peser sur le rendement des investissements dans les infrastructures.
  • La dépréciation des GPU : Les progrès technologiques rapides peuvent réduire la valeur économique des équipements existants utilisés comme garanties.
  • La concentration de la clientèle : La dépendance à quelques grands clients de l’IA crée des risques si leurs dépenses ou les conditions contractuelles évoluent.
  • Le décalage des flux de trésorerie : Les dépenses d’infrastructure sont engagées en amont, tandis que les revenus prévus par les contrats sont encaissés sur plusieurs années.

CoreWeave a contesté les inquiétudes concernant sa situation financière. Son directeur général, Mike Intrator, estime que le marché comprend mal son modèle économique et met en avant un carnet de commandes contractuel d’environ 104 milliards de dollars.

Les engagements à long terme des clients offrent une visibilité importante sur les revenus futurs, et des rendements obligataires élevés ne signifient pas nécessairement qu’un défaut de paiement est imminent.

La réévaluation de la dette de CoreWeave suggère néanmoins que les investisseurs sont de moins en moins disposés à financer la croissance des infrastructures d’IA à n’importe quel prix.

 

3. Des risques de financement similaires peuvent-ils apparaître ailleurs dans l’écosystème de l’IA ?

Oui, même s’il importe de distinguer les entreprises qui subissent réellement des tensions de financement de celles dont la principale vulnérabilité réside dans des valorisations élevées.

Plusieurs segments de l’écosystème de l’IA méritent une attention particulière.

Segment

Exemples

Points à surveiller

Neoclouds

CoreWeave, Nebius

Coûts de financement, dépréciation des GPU, concentration de la clientèle

Développeurs de centres de données

Applied Digital

Financement des projets de construction, génération différée de flux de trésorerie

De la crypto aux infrastructures d’IA

IREN, Core Scientific

Engagements importants en matière d’expansion, exécution des projets

Fournisseurs de cloud établis

Oracle, IBM

Dépenses d’investissement, flux de trésorerie disponible, retour sur investissement

Fournisseurs d’infrastructures d’IA

Semi-conducteurs, puces mémoire, composants optiques, réseaux

Valorisations et dépendance à la poursuite des dépenses dans l’IA

Ces risques ne sont pas tous équivalents du point de vue du crédit.

Les grandes entreprises technologiques disposent généralement de bilans plus solides, de sources de revenus plus diversifiées et d’une plus grande capacité à autofinancer leurs investissements. Certains acteurs de plus petite taille dans les infrastructures disposent également de réserves de trésorerie importantes et de financements déjà engagés.

L’écosystème de l’IA devient néanmoins de plus en plus interconnecté. Les entreprises d’infrastructure dépendent des financements et de contrats avec de grands clients, tandis que les équipementiers dépendent de clients qui continuent d’accroître leurs capacités.

Si la hausse des coûts de financement finit par contraindre certains acteurs des infrastructures à ralentir leurs investissements, les répercussions pourraient se propager à l’ensemble de la chaîne de valeur.

À ce stade, les éléments disponibles ne suffisent pas à conclure à une crise systémique du crédit dans l’IA. Mais le modèle de financement qui sous-tend l’essor des infrastructures fait l’objet d’un examen de plus en plus critique.

Les investisseurs ont intérêt à distinguer clairement une demande soutenue, un financement viable et des valorisations attrayantes. Ces trois éléments ne vont pas nécessairement de pair.

 

4. Pourquoi les rendements des obligations d’État américaines baissent-ils et le dollar s’affaiblit-il malgré une inflation élevée aux États-Unis ?

L’inflation américaine a dépassé les attentes en septembre. L’inflation globale mesurée par l’indice des prix à la consommation (CPI) a accéléré à 3,7 % sur un an, tandis que l’inflation sous-jacente s’est établie à 2,6 %.

La première réaction des marchés était prévisible : les rendements des obligations d’État américaines et le dollar ont progressé, les investisseurs ayant revu à la hausse leurs anticipations d’un nouveau relèvement des taux de la Fed.

Mais le repli ultérieur des rendements obligataires, conjugué à des épisodes de faiblesse du dollar et de vigueur du yen japonais et du franc suisse, révèle une autre inquiétude.

Le marché commence à craindre que la Fed doive encore durcir sa politique au moment même où l’économie américaine perd de son élan.

Trois facteurs permettent d’expliquer ce changement :

  • Les craintes sur la croissance rivalisent avec les inquiétudes liées à l’inflation. Des coûts de financement plus élevés peuvent freiner la consommation, l’emploi et l’investissement des entreprises.
  • Les obligations d’État américaines retrouvent leur attrait de valeur refuge. La faiblesse des marchés d’actions stimule la demande d’obligations d’État, ce qui fait baisser leurs rendements malgré les risques inflationnistes.
  • Les marchés des changes deviennent plus sensibles aux perspectives de croissance. La baisse des rendements obligataires peut peser sur le dollar, tandis que le yen et le franc suisse bénéficient de flux de capitaux défensifs.

Il pourrait s’agir d’un changement important dans le comportement des marchés.

Lors des corrections précédentes, la hausse des rendements obligataires constituait elle-même une source majeure de pression sur les actions. Désormais, les épisodes de baisse simultanée des actions et des rendements obligataires suggèrent que les investisseurs s’inquiètent aussi de la croissance économique.

Une hausse durable des cours des obligations d’État n’est toutefois pas garantie. Une inflation persistante, les risques budgétaires et des emprunts publics importants peuvent maintenir les taux à long terme à des niveaux élevés.

Le marché est pris entre deux risques : une inflation qui contraint la Fed à maintenir une politique restrictive, et une croissance plus faible qui rend tout nouveau durcissement plus risqué.

 

5. La Fed relèvera-t-elle à nouveau ses taux en octobre ou en décembre ?

Les marchés anticipent toujours une hausse des taux de la Fed en décembre, mais les perspectives dépendent de plus en plus des nouvelles données sur la croissance.

Le dernier rapport sur l’inflation plaide en faveur du maintien d’une politique monétaire restrictive. Les signes de ralentissement économique pourraient toutefois compliquer cette décision, surtout si le marché du travail et les dépenses de consommation commencent à faiblir.

Trois scénarios sont à retenir :

Scénario

Réaction possible de la Fed

Conséquences pour les marchés

L’inflation reste persistante, la croissance résiste

Une hausse des taux en décembre reste probable, avec un éventuel durcissement supplémentaire

Pression sur les valorisations, les obligations à longue échéance et les entreprises fortement endettées

L’inflation recule, la croissance ralentit progressivement

La Fed peut reporter de nouvelles hausses de taux

Possible rebond de soulagement des actions et des obligations

La croissance se dégrade fortement tandis que l’inflation reste élevée

Arbitrage difficile entre la lutte contre l’inflation et l’emploi

Volatilité accrue, les craintes de récession prenant le dessus

Pour l’heure, les baisses de taux ne font pas partie des anticipations de marché à court terme. Le débat porte de plus en plus sur le calendrier et l’ampleur de nouvelles hausses de taux, et moins sur la date d’un premier assouplissement.

Les principaux indicateurs à suivre sont le marché du travail, les dépenses de consommation, l’investissement des entreprises et l’éventuelle diffusion des pressions inflationnistes.

Une croissance plus faible peut modérer les anticipations de futures hausses de taux, sans être automatiquement favorable aux actions si les bénéfices des entreprises subissent eux aussi des pressions.

 

6. Que nous apprennent les résultats des banques américaines sur l’économie ?

Les premiers résultats des grandes banques américaines suggèrent que l’économie reste résiliente, même si la hausse des taux et la volatilité du marché obligataire mettent sous pression certaines composantes du système financier.

Trois thèmes se dégagent :

  • Les activités de marché sur actions restent solides. Goldman Sachs a annoncé une hausse de 72 % sur un an de ses revenus de trading sur actions, tandis que JPMorgan et Morgan Stanley ont enregistré des progressions respectives de 49 % et 41 %.
  • Les activités sur produits de taux ont été moins dynamiques. Les revenus des activités obligataires, de change et de matières premières ont reculé dans plusieurs grandes banques, reflétant des conditions de marché difficiles.
  • La hausse des taux est à double tranchant. Certaines banques bénéficient de revenus d’intérêts plus élevés, mais la hausse des coûts de financement, les pertes sur les portefeuilles obligataires et un possible affaiblissement de la demande de crédit pourraient devenir des défis plus importants.

Les dépenses de consommation et l’octroi de crédits restent relativement résistants, ce qui suggère qu’aucun signe généralisé de récession n’est encore visible.

Les revenus élevés des activités de marché seront toutefois difficiles à maintenir indéfiniment, tandis que des taux plus élevés peuvent, à terme, freiner la demande de crédit et dégrader la qualité des prêts en cours.

La principale leçon pour l’ensemble de la saison des résultats est que des bénéfices apparemment résistants peuvent masquer des écarts croissants dans les performances opérationnelles sous-jacentes.

Les investisseurs ont intérêt à ne pas se limiter à la question de savoir si une entreprise a dépassé les prévisions de bénéfices, mais à examiner aussi la qualité du chiffre d’affaires, les marges, les coûts de financement et les perspectives.

 

7. Que peuvent attendre les investisseurs des résultats du troisième trimestre des géants de la tech ?

Cette saison des résultats pourrait être l’une des plus importantes pour la thématique de l’IA.

Les résultats récents des fabricants de semi-conducteurs indiquent que la demande sous-jacente liée à l’IA reste forte. L’enjeu est désormais de savoir si les grandes entreprises technologiques peuvent démontrer que ces investissements se traduisent par des bénéfices et des flux de trésorerie durables.

Cinq points méritent une attention particulière :

1. Croissance du cloud et monétisation de l’IA

Microsoft, Alphabet et Amazon fourniront des indications importantes sur l’adoption de l’IA par les entreprises et sur la demande de services cloud.

Une forte croissance des activités cloud conforterait l’hypothèse d’une demande structurelle. Les investisseurs voudront toutefois aussi comprendre à quelle vitesse les services d’IA contribuent au chiffre d’affaires et aux marges.

2. Perspectives de dépenses d’investissement

Des budgets d’investissement plus importants peuvent soutenir les fournisseurs de semi-conducteurs et d’équipements, mais aussi raviver les interrogations sur la rentabilité de ces dépenses.

Le marché pourrait se montrer particulièrement sensible à de nouvelles hausses importantes des dépenses d’investissement en l’absence de preuves claires de leur rentabilité financière.

3. Flux de trésorerie disponible et marges

Les amortissements, les coûts énergétiques et les investissements dans les infrastructures peuvent absorber une partie des bénéfices d’une forte croissance du chiffre d’affaires lié à l’IA.

La distinction reste importante entre les entreprises qui financent leur expansion grâce à leurs flux de trésorerie opérationnels et celles qui dépendent de plus en plus de financements externes.

4. Adoption de l’IA au-delà des infrastructures

Les investisseurs chercheront des preuves que l’IA génère des revenus ou des gains de productivité dans les logiciels, la publicité, les services numériques et les applications professionnelles.

Cela pourrait élargir les perspectives offertes par l’IA au-delà des puces et des centres de données.

5. Perspectives et discipline d’investissement

Les attentes étant élevées, les perspectives pourraient compter davantage que les bénéfices eux-mêmes.

Les entreprises capables de démontrer une meilleure utilisation de leurs capacités, un pouvoir de fixation des prix et une discipline d’investissement pourraient être mieux accueillies par le marché que celles qui se contentent d’annoncer des programmes d’investissement plus ambitieux.

Le scénario le plus favorable associe une forte demande liée à l’IA, des flux de trésorerie en hausse et une meilleure visibilité sur le retour sur investissement.

À l’inverse, d’excellents chiffres d’affaires accompagnés d’une forte hausse des dépenses d’investissement pourraient décevoir les investisseurs.

Calendrier des résultats des Magnificent Seven : T3 2026

Entreprise

Date de publication

Points à surveiller

Tesla (TSLA)

21 oct.

Marges sur les véhicules électriques après la hausse des livraisons ; avancées du robotaxi et d’Optimus ; investissements dans l’IA par rapport au flux de trésorerie disponible

Meta (META)

21 oct.

Monétisation de l’IA dans la publicité ; adoption de Muse ; perspectives de dépenses d’investissement en 2027 et rentabilité des investissements dans les infrastructures

Microsoft (MSFT)

28 oct.

Croissance d’Azure AI et contraintes de capacité ; monétisation de Copilot ; dépenses d’investissement par rapport au flux de trésorerie disponible

Alphabet (GOOGL)

28 oct.

Croissance et marges de Google Cloud ; incidence de l’IA sur Search ; investissements dans les TPU et prévisions de dépenses d’investissement pour 2027

Amazon (AMZN)

29 oct. (date attendue)

Croissance de l’IA chez AWS ; investissements dans les infrastructures ; marges du commerce de détail et flux de trésorerie disponible

Apple (AAPL)

2 nov.

Demande pour l’iPhone 18 ; ventes en Chine ; marges des services ; monétisation d’Apple Intelligence avec des dépenses d’investissement relativement limitées

Nvidia (NVDA)

18 nov. (date attendue)

Demande pour Blackwell et Rubin ; commandes des hyperscalers et des acteurs neocloud ; marges brutes ; restrictions à l’exportation et risques de financement chez les clients

 

8. La correction de l’IA peut-elle s’étendre à l’ensemble du marché des actions ?

Ce risque prend de l’importance compte tenu de la forte concentration de la hausse des marchés américains.

Un groupe relativement restreint d’entreprises technologiques représente aujourd’hui une part importante des grands indices boursiers américains et mondiaux. La faiblesse des valeurs liées à l’IA peut donc entraîner les marchés dans leur ensemble à la baisse, même si les bénéfices des entreprises restent résistants ailleurs.

Trois canaux de contagion sont possibles :

  • La concentration des indices : Le recul des grandes entreprises technologiques peut avoir un effet disproportionné sur le S&P 500 et les indices boursiers mondiaux.
  • La réduction du risque dans les portefeuilles : Les investisseurs qui subissent des pertes sur des valeurs technologiques très prisées peuvent aussi réduire leur exposition ailleurs, créant une pression vendeuse sur des entreprises dont les fondamentaux restent sains.
  • Les répercussions économiques : Si la hausse des coûts de financement freine les investissements dans les infrastructures d’IA, les conséquences peuvent s’étendre aux fournisseurs de semi-conducteurs, aux fabricants d’équipements industriels, aux infrastructures énergétiques et au secteur de la construction.

Une correction de l’IA ne débouche toutefois pas nécessairement sur un marché baissier généralisé des actions.

Si les bénéfices des entreprises résistent et que la croissance économique se maintient, les investisseurs peuvent se tourner vers d’autres secteurs, comme la santé, certaines valeurs financières, les entreprises industrielles et les sociétés aux valorisations plus raisonnables.

La distinction essentielle est celle entre contagion et rotation sectorielle. Un marché dans lequel les actions liées à l’IA corrigent tandis que d’autres secteurs prennent le relais peut, à terme, être plus sain qu’un marché entièrement dépendant d’une poignée d’entreprises.

Les investisseurs doivent surtout surveiller si la hausse s’étend à davantage de valeurs à mesure que la technologie faiblit, ou si la pression vendeuse se propage au contraire à d’autres secteurs.

 

9. Les obligations d’État peuvent-elles encore protéger les portefeuilles lorsque les actions baissent ?

Pendant une grande partie de la récente correction alimentée par l’inflation, les actions et les obligations ont souffert simultanément. La hausse des rendements a pesé sur les valorisations des valeurs technologiques tout en faisant baisser les cours des obligations, réduisant ainsi les avantages de diversification des portefeuilles classiques associant actions et obligations.

Les mouvements récents des marchés suggèrent toutefois que cette relation pourrait être en train d’évoluer.

Malgré une inflation américaine supérieure aux attentes, les rendements des obligations d’État ont reculé alors que les actions faiblissaient. Les investisseurs s’inquiètent en effet de plus en plus du ralentissement de la croissance et du risque d’un durcissement excessif de la politique de la Fed.

Cela ouvre la possibilité que les obligations d’État retrouvent en partie leur rôle traditionnel de valeur refuge.

La différence dépend de la cause de la correction :

  • Choc inflationniste : Si l’inflation reste élevée et que les marchés intègrent de nouvelles hausses de taux, les actions comme les obligations à longue échéance peuvent reculer.
  • Choc de croissance : Si l’activité économique ralentit fortement, les obligations d’État de qualité peuvent bénéficier de la recherche de sécurité et d’anticipations de taux plus bas.
  • Stagflation : Si l’inflation reste élevée tandis que la croissance se dégrade, les obligations peuvent offrir une protection moins fiable, surtout sur les échéances longues.

Le retour d’une corrélation négative entre actions et obligations serait favorable aux portefeuilles diversifiés, mais ne doit pas être tenu pour acquis.

Pour les investisseurs, cela plaide en faveur d’une approche plus équilibrée du risque de duration, plutôt que de supposer que les obligations d’État à longue échéance compenseront toujours les pertes sur les actions.

 

10. Les actions américaines peuvent-elles encore progresser ou la hausse est-elle à bout de souffle ?

Nous restons positifs sur les actions à moyen terme, mais les conditions nécessaires à une poursuite de la hausse sont plus exigeantes qu’auparavant.

Plusieurs facteurs de soutien restent en place :

  • Les bénéfices des entreprises restent relativement résistants.
  • L’IA continue de générer une forte demande dans la technologie et les infrastructures.
  • Une croissance des bénéfices plus largement répartie au-delà des plus grandes entreprises technologiques pourrait soutenir une hausse plus diversifiée.

Dans le même temps, les valorisations élevées, l’inflation persistante, la hausse des coûts de financement et les inquiétudes sur la croissance économique laissent moins de place aux déceptions.

Trois scénarios possibles méritent l’attention.

Scénario

Évolution possible du marché des actions

L’inflation recule et la croissance se maintient

Les actions se redressent, avec une hausse susceptible de s’étendre à davantage de valeurs

L’inflation reste persistante tandis que la croissance ralentit légèrement

Davantage de volatilité et des écarts plus marqués entre les entreprises

La croissance se dégrade fortement ou les tensions sur le crédit se propagent

Révisions à la baisse des bénéfices et corrections potentiellement plus marquées des marchés d’actions

Une correction ne signifie pas nécessairement la fin du marché haussier.

Mais la prochaine phase dépendra probablement moins de la hausse des valorisations que de la croissance des bénéfices, de la solidité financière et d’une participation plus large des différents secteurs.

Les investisseurs doivent également rester attentifs au risque de concentration. Investir dans des ETF d’actions américaines, des fonds indiciels mondiaux et des actions technologiques individuelles peut entraîner un chevauchement important des expositions aux mêmes grandes entreprises de l’IA.

Les opportunités sur le marché des actions n’ont pas disparu, mais la marge d’erreur s’est réduite.

 

11. Quelles pistes les investisseurs peuvent-ils envisager aujourd’hui pour leur portefeuille ?

L’environnement actuel n’impose pas nécessairement de tourner complètement le dos aux actions ou à l’IA. Mais alors que les risques d’inflation et de ralentissement se disputent le premier plan, les portefeuilles peuvent bénéficier d’un meilleur équilibre.

Quatre domaines méritent une attention particulière.

Obligations : un rôle à retrouver dans un contexte économique changeant

Les obligations d’État de haute qualité peuvent bénéficier de leur statut de valeur refuge si la croissance économique ralentit davantage.

Les obligations à courte échéance procurent des revenus avec une sensibilité relativement limitée aux taux d’intérêt, tandis qu’une exposition sélective aux échéances intermédiaires peut offrir davantage de protection si les rendements baissent lors d’un ralentissement de la croissance.

Une inflation persistante, les inquiétudes budgétaires et d’importantes émissions d’obligations d’État américaines peuvent toutefois limiter le potentiel de gain, surtout sur les échéances longues.

Actions de qualité : conserver une exposition à l’IA, mais regarder au-delà de la construction d’infrastructures

La prochaine phase de l’IA pourrait récompenser les entreprises qui allient solidité financière et monétisation, plutôt que celles qui misent avant tout sur des investissements massifs.

Plusieurs modèles économiques offrent une exposition à l’IA sans nécessairement présenter les mêmes besoins de financement des infrastructures :

  • Plateformes peu gourmandes en capital : L’écosystème d’appareils et de services d’Apple représente une approche de l’IA moins intensive en capital, même si la valorisation reste un point d’attention.
  • Technologie chinoise : Des plateformes comme Tencent offrent une exposition à l’adoption de l’IA par l’intermédiaire d’activités numériques existantes, tandis que des modèles plus économes en ressources ouvrent une autre voie de croissance.
  • Logiciels d’entreprise et cybersécurité : L’adoption de l’IA peut soutenir la demande d’automatisation, d’amélioration de la productivité et de sécurité numérique.
  • Entreprises bénéficiant des gains de productivité liés à l’IA : Les prestataires de services financiers, les entreprises de la santé et les groupes industriels peuvent réaliser des gains d’efficacité sans devoir consentir les mêmes investissements massifs dans les infrastructures.

Des bilans solides, des flux de trésorerie durables et des valorisations raisonnables restent essentiels dans tous ces segments.

Actifs réels : protection contre l’inflation et demande structurelle

L’or peut apporter une diversification face aux incertitudes géopolitiques et budgétaires, tandis que le cuivre, certains métaux industriels et les infrastructures énergétiques peuvent bénéficier de l’électrification, des centres de données et de la hausse de la demande d’électricité.

Ces investissements présentent toutefois des risques différents. L’or peut subir des pressions lorsque les taux d’intérêt réels augmentent, tandis que les matières premières industrielles restent sensibles à un ralentissement de la croissance économique.

Secteurs défensifs à croissance structurelle : la santé se distingue

La santé associe une demande relativement stable à des moteurs de croissance structurelle tels que le vieillissement de la population, l’innovation médicale et l’augmentation des besoins de soins.

Le secteur offre également une diversification par rapport aux thématiques très prisées des infrastructures d’IA, même si les risques réglementaires, les prix des médicaments et les risques propres à chaque entreprise restent à prendre en compte.

L’objectif n’est pas de prévoir correctement un scénario de marché précis, mais d’éviter que l’ensemble du portefeuille en dépende.

 

Prêt à commencer?

L'ouverture d'un compte peut se faire entièrement en ligne en trois étapes simples.

Ce contenu est du matériel promotionnel.

Aucune des informations fournies sur ce site ne constitue une offre, une sollicitation ou une recommandation d’acheter ou de vendre un instrument financier, ni un conseil en matière financière, d’investissement ou de trading. Saxo Bank A/S et ses entités au sein du groupe Saxo Bank fournissent uniquement des services d’exécution, toutes les transactions et décisions d’investissement étant prises de manière autonome par le client. Les analyses, recherches et contenus éducatifs en investissement sont fournis à titre purement informatif et ne doivent en aucun cas être considérés comme des conseils ou des recommandations.

Le contenu de Saxo peut refléter les opinions personnelles de l’auteur, susceptibles d’être modifiées sans préavis. Les mentions de produits financiers spécifiques sont uniquement à des fins illustratives et peuvent servir à clarifier certains concepts liés à la littératie financière. Le contenu classé comme recherche en investissement est du matériel promotionnel et ne répond pas aux exigences légales applicables à la recherche indépendante.

Saxo entretient des partenariats avec des entreprises qui rémunèrent Saxo pour les activités promotionnelles menées sur sa plateforme. De plus, Saxo a conclu des accords avec certains partenaires qui versent des rétrocessions conditionnées à l’achat par les clients de produits spécifiques proposés par ces partenaires.

Bien que Saxo perçoive une rémunération dans le cadre de ces partenariats, tous les contenus éducatifs et de recherche sont élaborés dans le but de fournir aux clients des informations et des options utiles.

Saxo ne fournit pas de conseils en investissement. Investir comporte des risques. Votre capital est exposé à des pertes. Les performances passées ne garantissent pas les résultats futurs.

Avant de prendre toute décision d’investissement, vous devez évaluer votre propre situation financière, vos besoins et vos objectifs, et envisager de demander un conseil professionnel indépendant. Saxo ne garantit pas l’exactitude ni l’exhaustivité des informations fournies et décline toute responsabilité en cas d’erreurs, d’omissions, de pertes ou de dommages résultant de l’utilisation de ces informations.

Veuillez consulter notre clause de non-responsabilité complète et notre notification concernant les recherches en investissement non indépendantes pour plus de détails.

Saxo Belgique
Italiëlei 124, boîte 101,
2000 Anvers
Belgique

Saxo Belgique, sous le nom de Saxo, est la succursale belge de Saxo Bank A/S. Principalement contrôlée par la DFSA. Enregistrée en Belgique auprès de la BNB et contrôlée par la FSMA et la BNB.

Contacter Saxo

Belgique
Belgique
Saxo fait partie du groupe J. Safra Sarasin.