Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
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Rocket Lab et AST SpaceMobile testent deux voies vers la commercialisation du spatial : l’intégration des infrastructures et la connectivité par satellite.
L’exécution compte désormais davantage que la preuve de concept. Les investisseurs doivent suivre la production, le rythme des lancements et la conversion des prospects en clients.
L’économie spatiale évolue vers des services récurrents, où l’utilisation, les marges et la génération de trésorerie comptent davantage que des équipements spectaculaires.
Pendant des années, le secteur spatial s’est attaché à démontrer que la technologie fonctionnait. Il doit désormais prouver que son modèle économique tient la route.
Rocket Lab et AST SpaceMobile publient tous deux leurs résultats du deuxième trimestre le 10 août 2026. Ils occupent des positions différentes dans l’économie spatiale, mais sont confrontés à la même question : une ingénierie impressionnante peut-elle se transformer en activité commerciale reproductible ?
Rocket Lab veut maîtriser toute la chaîne
Rocket Lab lance des fusées, fabrique des satellites et des composants, et opère des missions pour ses clients.
Au premier trimestre, son chiffre d’affaires a atteint un record de 200 millions de dollars, son carnet de commandes a dépassé 2,2 milliards de dollars et son programme de lancements contractualisés comptait plus de 70 missions. Le 4 août, l’entreprise a également remporté un contrat de 397 millions de dollars avec l’US Space Force, couvrant la fabrication de satellites, les lancements et les opérations.
Le projet d’acquisition d’Iridium pour 8 milliards de dollars pousse encore plus loin ce modèle. Iridium apporte un réseau de communications opérationnel et plus de 2,5 millions d’abonnés. Si l’opération aboutit, Rocket Lab ajoutera ce que les seules fusées ne peuvent pas offrir : des revenus récurrents issus des communications.
La question est de savoir si cette intégration verticale améliore la rentabilité ou si elle crée simplement davantage d’activités à financer. Il faudra surveiller la rentabilité de Space Systems, la conversion du carnet de commandes en chiffre d’affaires, le rythme des lancements et les progrès de Neutron, sa fusée de plus grande capacité dont le premier lancement reste prévu pour la fin de 2026.
AST SpaceMobile construit un réseau de satellites conçu pour fournir du haut débit directement aux téléphones mobiles classiques, via les opérateurs de télécommunications existants.
Les BlueBirds 8 à 10 ont été lancés le 17 juin, puis les BlueBirds 11 à 13 le 5 août. AST vise toujours environ 45 satellites en orbite d’ici la fin de 2026. Avec 13 satellites BlueBird désormais lancés, le calendrier restant est particulièrement ambitieux.
Dans ce contexte, le bénéfice par action est presque secondaire. Les indicateurs vraiment utiles sont opérationnels : nombre de satellites achevés, rythme des lancements, coût par satellite et trésorerie consommée.
Les investisseurs devront également être attentifs au calendrier du lancement du service commercial et à la capacité des partenariats avec les opérateurs à générer des revenus significatifs. Lors de sa mise à jour du premier trimestre, AST comptait près de 60 partenaires parmi les opérateurs de réseaux mobiles. Ces opérateurs détiennent déjà la relation avec les clients. AST n’a donc pas besoin de construire son propre réseau de distribution, mais doit disposer de suffisamment de satellites pour rendre le service fiable.
SpaceX offre le modèle le plus clair. Les lancements ont de la valeur, mais ils servent également à soutenir Starlink, un service de connectivité reposant sur des satellites que SpaceX peut fabriquer et lancer elle-même. Rocket Lab évolue vers une version plus large de ce modèle. AST, de son côté, part de la connectivité et s’appuie sur les opérateurs télécoms pour la distribution.
Pour les investisseurs, l’économie spatiale repose donc de moins en moins sur la vente de missions individuelles et de plus en plus sur la construction d’infrastructures.
L’attention se porte ainsi davantage sur des indicateurs plutôt terre-à-terre comme le taux d’utilisation, les coûts de fabrication, les clients récurrents, les marges et la génération de trésorerie. C’est souvent ce qui se passe lorsqu’un secteur commence à devenir une véritable industrie. Pour avoir une vision plus large, notre sélection de valeurs de l’économie spatiale met en avant des entreprises actives dans les lancements, les satellites, les communications et les infrastructures aérospatiales qui pourraient profiter de la commercialisation croissante du secteur spatial.
L’exécution reste le principal risque. Des retards dans les lancements, une production de satellites plus lente que prévu ou des goulets d’étranglement au niveau des lancements peuvent repousser les revenus. Le financement est également déterminant, car les deux modèles nécessitent des investissements importants avant que leur viabilité économique soit pleinement démontrée. Des reports répétés, une hausse des besoins de trésorerie ou un nouveau décalage des dates de lancement des services commerciaux constitueraient des signaux d’alerte à surveiller.
Distinguez les avancées techniques des avancées économiques. Un lancement a davantage de valeur lorsqu’il permet de décrocher des clients payants.
Suivez le rythme dans la durée, pas les événements isolés. La répétition montre si les opérations commencent à prendre une dimension industrielle.
Surveillez le financement parallèlement à la croissance. Une expansion perd de son intérêt si les besoins de trésorerie augmentent encore plus rapidement.
Comparez les modèles économiques. Les services récurrents ne sont un atout que si les infrastructures sont fiables et correctement utilisées.
Les lancements font les gros titres. Les entreprises, elles, ont besoin de clients qui reviennent. Rocket Lab et AST SpaceMobile sont désormais jugées sur ce deuxième aspect. Rocket Lab doit démontrer que les activités de lancement, de fabrication et de communications peuvent se renforcer mutuellement sur le plan économique. AST doit montrer que sa production de satellites peut progresser assez rapidement pour permettre à ses partenariats avec les opérateurs télécoms de déboucher sur un réseau opérationnel.
Aucune de ces deux histoires ne se joue sur un seul trimestre, et les deux modèles restent très capitalistiques. Mais la tendance est plus claire. À mesure que le secteur spatial mûrit, les investisseurs pourraient consacrer moins de temps à se demander si la technologie peut atteindre l’orbite et davantage à chercher à savoir si les clients seront prêts à payer régulièrement une fois qu’elle y sera. Les fusées doivent toujours réussir leur mission. De plus en plus, le modèle économique doit lui aussi réussir son lancement.
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