Qu’est-ce Qu’est-ce Qu’est-ce

Qu’est-ce qu’une analyse fondamentale ?

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Hans Oudshoorn

Entraîneur d'investisseurs

Relevé:  Avant d’acheter une action, il est important que vous procédiez à une analyse afin de justifier votre décision. L’analyse fondamentale permet d’acquérir une connaissance et une compréhension des secteurs d’activité et des entreprises individuelles, et de répondre à la question "que dois-je acheter ?". Vous pouvez, pour ce faire, recourir à divers types d’analyses.


Avant d’acheter une action, il est important que vous procédiez à une analyse afin de justifier votre décision. Vous pouvez, pour ce faire, recourir à divers types d’analyses. Les plus connus sont l’analyse fondamentale et l’analyse technique, souvent rencontrées sous leur forme abrégée AF et AT. Ces deux courants sont, pour ainsi dire, opposés. L’analyse technique tente de répondre à la question « quand dois-je acheter ? » et se concentre sur le timing. L’analyse fondamentale, quant à elle, permet d’acquérir une connaissance et une compréhension des secteurs d’activité et des entreprises individuelles, ainsi que de répondre à la question « que dois-je acheter ? ».


Sélection des actions

Le rapport annuel, et en particulier l’évolution des bénéfices d’une entreprise, a un grand intérêt aux yeux de l’analyste fondamental. Il s’intéresse également aux résultats des concurrents. Son but, en réalité, est d’obtenir un avantage en matière d’information, afin de pouvoir mieux évaluer l’évolution future d’une entreprise et le prix de son action que les autres investisseurs. Aujourd’hui, l’analyse fondamentale comprend également l’évaluation de la conjoncture économique générale et des relations économiques entre pays. Certains analystes fondamentaux se penchent également sur les plans stratégiques d’une entreprise et sur le climat politique d’un pays.


Niveau macroéconomique

La sélection d’actions intéressantes d’un point de vue fondamental se fait par étapes, en filtrant les informations grâce à un entonnoir.


Le processus se déroule donc en trois phases, l’analyse étant plus conséquente lors des phases micro et méso. La première phase du processus de sélection s’intéresse à l’économie nationale et internationale, à savoir le niveau macroéconomique. Pour se faire une idée de la situation à ce niveau, il faut surtout observer l’évolution des éléments suivants :

  • La conjoncture

    Il s’agit de la tendance de l’économie mondiale. Dans quelle région ou dans quel pays se trouve l’été ou l’hiver sur le plan économique ? L’évolution du produit national brut (PNB) et de l’emploi (chômage) sont deux variables à surveiller de près.

  • Les taux d’intérêt

    Il s’agit du prix de l’argent. Le montant des intérêts dépend de la durée de l’accord. Plus cet accord est long, plus les taux d’intérêt sont élevés. Il n’existe pas qu’un seul taux d’intérêt. Ainsi, des taux d’intérêt plus élevés augmentent les coûts de financement pour les entreprises et les ménages, qui sont alors moins enclins à emprunter de l’argent pour investir ou consommer. Ils entraînent dès lors un refroidissement économique.

  • L’inflation

    Il s’agit de l’augmentation du prix des biens et services. Ce phénomène survient généralement lorsque l’économie se porte bien. Une inflation légère est donc bénéfique à une économie. Si des biens deviennent plus chers, ils seront plus susceptibles d’être achetés maintenant plutôt que plus tard.

    Le fait que vous puissiez acheter davantage plus tard parce que vous avez économisé ne dépend pas seulement du taux d’intérêt. Le taux d’intérêt corrigé du taux d’inflation s’appelle « le taux d’intérêt réel ». Grâce à ce taux d’intérêt, vous savez si votre épargne vous apportera plus de pouvoir d’achat. Si vous percevez un intérêt de 1 % et que les prix augmentent de 2 %, le taux d’intérêt réel s’élève alors à -1 %. Donc, malgré cet intérêt que vous percevez, votre situation empire.

  • Taux de change

    Les pays et les unions économiques commercent les uns avec les autres. Les Pays-Bas exportent par exemple beaucoup de bière et importent des produits pharmaceutiques depuis les États-Unis. Pour payer les marchandises, les pays utilisent leur propre monnaie, également appelée devise. Une variation du taux de change entraîne des changements dans le prix des marchandises. Ces changements affectent à leur tour les flux commerciaux entre les pays.



Mésoéconomie

Après avoir fait le tour au niveau macro, il est temps de s’intéresser de plus près aux secteurs individuels d’activité. Un secteur d’activité est le terme générique employé pour désigner l’ensemble des entreprises opérant dans un même secteur, tel que les producteurs de bière ou les fournisseurs d’énergie. Les perspectives de croissance d’un secteur d’activité sont fortement déterminées par le stade du cycle de vie dans lequel se trouvent les produits ou services de ce secteur. Comme vous pouvez le voir sur l’illustration ci-dessous, la croissance (le chiffre d’affaires) est la plus forte lors des premiers stades du cycle de vie. Au fur et à mesure que le cycle avance, la croissance diminue.

Si les secteurs axés sur l’e-commerce ou les biocarburants (services/produits relativement nouveaux) affichent une forte croissance, ce n’est pas le cas des secteurs des lave-vaisselle ou des outils de jardinage. En effet, les secteurs déjà bien établis s’essoufflent. Une fois que vous savez à quel stade de son cycle se trouve un secteur, vous devez encore savoir à quel point ce secteur est sensible à la conjoncture et aux devises.

  • Sensibilité à la conjoncture

    L’économie n’est pas au beau fixe ? Il y a de fortes chances que vous repoussiez ce voyage de rêve et que la nouvelle voiture soit un peu moins luxueuse. En revanche, vous continuez à faire vos courses au supermarché local et à monter le chauffage quand il fait froid. En d’autres termes, la demande de biens et services de luxe est plus sensible aux variations de la conjoncture que la demande de biens de première nécessité. En général, plus un secteur est sensible aux variations conjoncturelles, plus ses ventes, et par conséquent sa production et sa rentabilité, seront affectées.

    Les actions de sociétés actives dans des secteurs sensibles à la conjoncture sont appelées « actions cycliques ». Parmi ces actions se trouvent par exemple ArcelorMittal, LVMH, Randstad et TUI AG. Le cours de ces actions connaît souvent de fortes variations lors de changements de saison économique. À l’opposé des actions cycliques se trouvent les actions « non cycliques » ou « défensives ». Il s’agit d’actions d’entreprises faisant partie d’un secteur d’activité moins sensible à la conjoncture, telles que Heineken, Ahold Delhaize et Unilever. Ces actions ont tendance à avoir un cours et un historique de versements de dividendes stables. Dès lors, on les retrouve souvent dans le portefeuille des investisseurs à long terme.


  • Sensibilité aux devises

    Aujourd’hui, quelques clics suffisent pour réserver un billet d’avion en ligne et le payer en euros. Sur le plan financier, la compagnie aérienne est néanmoins confrontée à d’autres devises. Rien qu’au décollage, un Boeing consomme autant de carburant qu’une voiture particulière en moyenne sur une année entière. Le pétrole est nécessaire à la fabrication du carburant (kérosène) et le Boeing lui-même coûte une coquette somme. En dollars, évidemment. Vous avez découvert précédemment comment les variations du taux de change affectaient les flux commerciaux. Il en va de même pour les résultats des entreprises. La sensibilité aux devises signifie que le chiffre d’affaires et les bénéfices d’un secteur sont fortement influencés par les variations des taux de change.

    Les secteurs des compagnies aériennes et du transport international sont des secteurs sensibles au dollar, mais il en va de même pour les entreprises exerçant des activités aux États-Unis ou celles qui opèrent sur les marchés mondiaux libellés en dollars. Air France-KLM et le géant brassicole belge AB Inbev font notamment partie de ces actions. Cette dernière société réalise environ 35 à 40 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis et 40 % en Amérique latine. ArcelorMittal vend également ses produits sidérurgiques en dollars, alors que les coûts sont en grande partie libellés en euros (une grande partie de la dette et des obligations de la société sont toutefois exprimées en dollars, ce qui atténue l’effet de change). De manière générale, le secteur financier européen fait exception, à l’exclusion des assureurs Aegon et Allianz. Ces entreprises exercent en effet une grande partie de leurs activités aux États-Unis et sont donc sensibles aux fluctuations de la plus importante paire de devises.


Microéconomie

Au cours de cette dernière phase, nous réduisons davantage l’échelle et nous concentrons sur les entreprises individuelles. Différentes sources d’information permettent d’analyser la situation actuelle et l’avenir d’une entreprise. Des déclarations de la direction dans la presse aux avis des analystes et aux réunions d’actionnaires, en passant par la boule de cristal du voisin. Tout cela est bien sympathique, mais il est crucial de porter un regard critique sur les entreprises elles-mêmes si vous voulez réussir en bourse. Enregistrent-elles des bénéfices élevés ? Leur dette est-elle importante ? Les ratios financiers sont souvent utilisés pour répondre à ces questions. Ces rations permettent de mesurer et de déterminer la situation financière d’une entreprise. Vu que les ratios sont issus du rapport annuel et surtout du bilan et du compte de résultat, il est important de les connaître.


Le rapport annuel

Un rapport annuel est un résumé de tout ce qui s’est produit l’année précédente. Ce rapport ne s’intéresse pas qu’aux aspects financiers. La plupart des rapports annuels commencent par un message de la direction destiné aux actionnaires et un résumé des résultats de l’année écoulée et des points à prendre en compte à l’avenir. Les comptes annuels sont ensuite abordés en détail et se composent des éléments suivants :

  • Le compte de résultat

    Il s’agit d’une représentation des profits et des pertes qu’a enregistrés une entreprise sur une année. Le compte de résultat est également appelé « compte de profits et pertes » ou « compte d’exploitation ». Cette notion est bien trop cruciale pour être abordée brièvement ici. Elle sera abordée plus en détail dans le prochain article consacré à la rentabilité.


  • Le bilan

    Il s’agit de l’état des biens à une date donnée, des bâtiments aux machines, en passant par les brevets, ainsi que des sommes qu’une entreprise doit (créances). Ces informations se trouvent dans la partie gauche du bilan et sont également appelées « actifs ». Sur le côté droit se trouvent les « passifs », à savoir les dettes. Le montant des actifs qui excède celui des passifs est appelé « capitaux propres ». Il s’agit des apports des actionnaires, des bénéfices non distribués et des réserves. Le bilan fournit des informations importantes sur les actifs d’une entreprise et la manière dont elle est financée.


  • Le tableau des flux de trésorerie

    Il s’agit de l’état des flux de trésorerie d’une entreprise sur une année. Toutes les entreprises ne l’incluent pas dans leur rapport annuel. Les grandes entreprises cotées en bourse sont quant à elles tenues de le faire. Ce tableau a moins d’importance à vos yeux.


  • Une annexe des comptes annuels.

    Un rapport d’audit. Les chiffres sont-ils corrects ? Un expert-comptable s’assure que les chiffres sont bel et bien corrects et donne ensuite son accord.

Un rapport annuel a beau être un travail titanesque, il n’est pas nécessaire de l’apprendre par cœur pour examiner une entreprise sur le plan fondamental. En résumé, l’analyse fondamentale s’intéresse à la sélection des actions. Cette sélection se déroule en trois phases : macro, méso et microéconomique. Le rapport annuel, et en particulier l’évolution des bénéfices d’une entreprise, a un grand intérêt aux yeux de l’analyste fondamental.

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