Prévisions chocs
Prévisions "chocs" 2026
Saxo Group
Saxo Group
20 Md$ d’achats nets d’actions au T2 2026 mettant fin à 14 trimestres consécutifs de ventes.
Après quatorze trimestres consécutifs de ventes nettes d’actions, Berkshire Hathaway vient enfin de remettre une partie de son immense réserve de cash au travail. Alors, Warren Buffett et Greg Abel pensent-ils que le marché est redevenu attractif?
Trimestre après trimestre, le groupe vendait davantage d’actions qu’il n’en achetait. Sa trésorerie a ainsi atteint un record de 397,4 milliards de dollars fin mars 2026.
Mais cette montagne de cash ne dormait pas sur un compte bancaire. Une grande partie était investie dans des bons du Trésor américains à court terme, qui offraient alors un rendement particulièrement intéressant tout en restant très liquides.
Et les chiffres donnent une idée de l'ampleur du phénomène : avec près de 340 milliards de dollars investis en bons du Trésor et des taux courts américains supérieurs à 5 %, Berkshire pouvait générer environ 15 à 18 milliards de dollars de revenus financiers par an simplement en attendant.
Autrement dit, Berkshire pouvait être patiente tout en étant payée pour patienter.
C'est essentiel pour comprendre la stratégie de Buffett : pourquoi acheter une entreprise à un prix élevé quand on peut conserver des actifs très sûrs, toucher plusieurs milliards de dollars d'intérêts chaque année et attendre une meilleure opportunité ?
Le cash était donc moins un pari sur un krach qu'un choix de discipline. Berkshire ne disait pas que les marchés allaient forcément baisser. Elle disait plutôt : « Nous ne trouvons pas suffisamment d'opportunités qui justifient de prendre davantage de risque. »Berkshire a acheté 23,5 milliards de dollars d'actions et en a vendu 3,7 milliards : elle est donc redevenue acheteuse nette pour près de 20 milliards de dollars, une première depuis fin 2022.
Le mouvement ne s'arrête pas là. Le groupe a également dépensé 4,5 milliards de dollars pour racheter ses propres actions, contre seulement 235 millions au premier trimestre. Sa trésorerie est ainsi retombée à environ 365,5 milliards de dollars.
Et parmi les opérations connues, une ressort particulièrement : Alphabet
Berkshire a investi environ 10 milliards de dollars dans la maison mère de Google, via une opération négociée directement avec Alphabet. Cette décision prolonge le ramassage progressif engagé depuis le troisième trimestre 2025, propulsant Alphabet au rang des cinq plus grandes positions du portefeuille coté de Berkshire aux côtés d'Apple, American Express, Coca-Cola et Bank of America.
À cela s'ajoutent l'acquisition de Taylor Morrison, un constructeur immobilier américain, pour environ 6,8 milliards de dollars, ainsi que le rachat d'OxyChem pour 9,7 milliards de dollars.
Mais attention à ne pas tirer une conclusion trop rapide : Berkshire ne dit pas que « la Bourse est bon marché ».
Elle montre plutôt que certaines entreprises et certaines opérations sont redevenues suffisamment intéressantes pour justifier de sortir une partie du cash.Depuis janvier 2026, Abel est CEO tandis que Warren Buffett reste président du conseil d'administration. Et les premières décisions du nouveau patron sont forcément scrutées de près.
Faut-il y voir la volonté d'un Abel plus offensif de remettre Berkshire au travail après plusieurs années de prudence ? Peut-être.
Mais il serait excessif d'opposer simplement « Buffett le prudent » à « Abel l'audacieux ».
L'investissement dans Alphabet avait notamment été initié sous Buffett, avant la transition complète.
Ce qui semble réellement changer, c'est davantage le rythme d'exécution.
Abel conserve la même philosophie fondamentale : acheter des entreprises de qualité, à un prix raisonnable, et conserver suffisamment de liquidités pour pouvoir agir lorsqu'une véritable opportunité apparaît.
Le deuxième : la qualité ne suffit pas.
Alphabet peut être une excellente entreprise et pourtant être un mauvais investissement à un prix trop élevé. Berkshire cherche toujours la combinaison des deux : une bonne entreprise à un prix raisonnable.
Berkshire ne donne peut-être pas aujourd'hui un signal sur la direction des marchés. Elle donne en revanche un excellent rappel sur ce qu'est une discipline d'investissement.
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