Idée de trading - Apple
La perspective d'une marge brute moins généreuse ne doit pas occulter la force d'Apple et de son produit phare, l'iPhone, qui vient de signer un trimestre record
La firme californienne a dépassé les attentes au quatrième trimestre de son exercice fiscal 2026, portée par le succès de l'iPhone et du Mac. Ses perspectives de marge tempèrent quelque peu la publication, sans remettre, toutefois, en cause les qualités du dossier.
Le conseil de notre partenaire « Investir » :
La demande pour les produits de la marque reste très solide, même si sa conversion en marges devient un peu plus exigeante. Achat, objectif de 400 dollars.
« La meilleure année de l'iPhone ». C'est en ces termes triomphants que le directeur financier d'Apple a qualifié la performance du smartphone durant l'exercice fiscal 2026, qui s'est achevé en septembre. De quoi renvoyer ses détracteurs dans leurs pénates. Car, indéniablement, l'iPhone fait et continuera de faire partie des marques totem. Et les files d'attente de se former devant les Apple Store à chaque nouveau lancement. « Nous venons de terminer l'une des périodes de lancement les plus prolifiques de notre histoire », a relevé le nouveau patron d'Apple, John Ternus, devant les investisseurs. Sur un an, les ventes de l'iPhone ont bondi de 21,2%, à 254,1 milliards de dollars, dont une hausse de 17% au quatrième trimestre, qui, fort de 57,6 milliards de revenus, dépasse de 2% les projections.
Les ventes de Mac, sur trois mois, surpassent elles aussi le consensus, de 12,5%, à 10,8 milliards de dollars, en hausse de 24% sur un an. La baisse de 10% du chiffre d'affaires trimestriel de l'iPad, même cumulée à celle de 8% des ventes d'accessoires, d'appareils portables et de produits pour la maison, n'entame pas la performance globale du groupe californien, qui peut se targuer d'avoir engrangé près de 115 milliards de dollars durant le dernier quart de l'exercice. C'est 11,7% de plus qu'il y a un an.
Prix de la mémoire
Avec un bénéfice net par action de 2,10 $, là où Wall Street tablait sur 1,99 $, la marque à la pomme, qui a profité du remboursement des droits de douane, a de quoi être satisfaite dans l'immédiat. Idem pour la marge brute, qui a atteint 47,9% sur le trimestre, dont 100 points de base liés aux remboursements, et 46,9% en excluant cet effet. Mais les choses vont quelque peu se corser. L'envolée des prix des puces de mémoire vive et de stockage, la fameuse « RAMageddon », va peser sur la marge brute sur le trimestre en cours. Apple prédit une marge comprise entre 45 et 46%, soit un point médian à 45,5%, qui implique un recul séquentiel de 140 points de base (hors remboursements).
« La pression ne résulte pas uniquement de la disparition de cet avantage, estime le cabinet Aurel BGC. Les services ralentissent ». Certes, mais avec une base de plus de 2,5 milliards d'appareils actifs dans le monde et 1,5 milliard d'abonnements payants, Apple dispose d'une belle réserve de croissance, qui, à l'échelle du groupe, devrait se situer entre 7 et 10% sur la séquence d'octobre à décembre, au-delà des 6,1% attendus, malgré des contraintes sur le Mac et l'iPad liées à la pénurie de mémoires. L'offre d'iPhone Duo demeure aussi insuffisante, sans date annoncée de retour à l'équilibre.
En Bourse, les investisseurs, qui ont propulsé le titre à un niveau record de 351,73 $, le 23 octobre, regardent toutefois de près le multiple de capitalisation : 36 fois le résultat prévisionnel à fin septembre 2027. C'est trois fois celui de Nvidia. Une telle valorisation ne tolère donc aucune déception. Or, la pression sur la marge, même si elle était anticipée, en constitue une, d'où le recul du titre mardi, au lendemain de la publication. Sur un an (+20%), elle continue néanmoins de surperformer les autres des Sept Magnifiques. Côté bilan, rien à signaler : la trésorerie demeure solide. Apple a généré 28,1 milliards de dollars de flux de trésorerie opérationnels sur le trimestre et restitué 28 milliards à ses actionnaires.
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