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Avertissement : Ce contenu constitue une communication marketing et ne doit pas être considéré comme un conseil en investissement. La négociation d’instruments financiers comporte des risques et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
Une pandémie, quatre mandats présidentiels américains, quatorze jeux Call of Duty et huit nouveaux albums studio de Taylor Swift : le monde n’est pas resté immobile depuis la sortie de GTA V en septembre 2013. Après un long développement et plusieurs reports, Grand Theft Auto VI doit sortir le 19 novembre. Pour les joueurs, l’attente touche à sa fin. Pour les investisseurs de Take-Two Interactive Software, la maison mère de Rockstar Games, le véritable test commence : le jeu sera-t-il à la hauteur des attentes sur le plan financier ?
Son prédécesseur illustre l’ampleur de l’enjeu. Lors de son lancement en septembre 2013, GTA V a généré plus de 800 millions de dollars de ventes au détail dès son premier jour, selon Take-Two. Le seuil du milliard de dollars a été franchi en seulement trois jours, un record à l’époque pour un produit de divertissement. Plus de 230 millions d’exemplaires ont depuis été vendus dans le monde.
Les dépenses après l’achat se sont révélées tout aussi importantes. Avec GTA Online, Rockstar a créé un univers dans lequel les joueurs continuaient de revenir. Nouvelles missions et biens virtuels ont entretenu l’intérêt de la communauté tout en générant des revenus supplémentaires. GTA V est ainsi devenu une source de revenus qui a continué à générer des recettes pendant plus d’une décennie. Pour Take-Two, l’enjeu autour du successeur dépasse donc largement celui d’une seule journée de lancement.
Cette attente prolongée s’explique par plusieurs facteurs. Rockstar a mis en pause les premiers travaux sur GTA VI afin d’achever Red Dead Redemption 2. Plus tard, la pandémie a également compliqué le développement.
Les ambitions sont, elles aussi, très élevées. Rockstar souhaite rendre son univers plus crédible, notamment dans la manière dont l’argent y est utilisé. Dans GTA V, les joueurs pouvaient accumuler une fortune grâce à de grands braquages, sans avoir véritablement de raison de la dépenser ensuite. Dans GTA VI, l’équilibre entre gagner et dépenser de l’argent devrait prendre davantage d’importance. Gagner de l’argent, mais aussi le gérer, pourrait ainsi devenir une dimension plus centrale du gameplay, plutôt qu’un simple compteur qui ne cesse d’augmenter. Il ne s’agit là que d’un des nombreux éléments qui devront s’intégrer harmonieusement dans cet immense monde ouvert.
Comme si les retards ne suffisaient pas, le public a découvert les premières images du jeu de manière involontaire : à la suite d’une cyberattaque en septembre 2022, des dizaines de vidéos issues des premières phases de développement ont été divulguées.
L’annonce officielle a ensuite attiré une audience de plusieurs millions de personnes. La première bande-annonce a cumulé plus de 90 millions de vues sur YouTube en 24 heures, un record pour la présentation d’un jeu vidéo, selon le Guinness World Records.
La présentation du gameplay diffusée sur Netflix a relancé cet engouement le 27 août. Selon Variety, cette vidéo de 27 minutes a enregistré 31,1 millions de vues en quatre jours et s’est hissée en tête du classement Netflix des films anglophones dans 87 pays. Avant même sa sortie, la campagne promotionnelle était déjà devenue un événement médiatique mondial.
Cette attention mondiale devra également se traduire par des revenus pour Take-Two. Derrière l’enthousiasme se cache toutefois un investissement considérable. Certains analystes estiment le coût de développement de GTA VI entre 1 et 1,5 milliard de dollars, même si Rockstar et Take-Two n’ont communiqué aucun budget officiel. Le cabinet d’études DFC Intelligence prévoyait auparavant environ 40 millions d’exemplaires vendus et 3,2 milliards de dollars de revenus au cours des douze premiers mois. Cette estimation inclut non seulement les ventes du jeu, mais aussi les dépenses en ligne attendues. Ce montant ne peut donc pas être interprété directement comme du chiffre d’affaires ou du bénéfice pour Take-Two. Une partie des dépenses des consommateurs revient aux plateformes de distribution et aux revendeurs, tandis que les coûts de marketing, de distribution et d’exploitation doivent également être pris en compte. Pour les investisseurs, les volumes de ventes ne sont qu’une partie de l’équation : les marges et les revenus récurrents après le lancement seront tout aussi déterminants. Et c’est précisément sur ce point que la prudence s’impose. Des problèmes techniques ou des critiques décevantes pourraient freiner la demande ; un prix de vente moyen inférieur aux attentes pèserait également sur les recettes. Cela ne rendrait pas nécessairement le projet déficitaire, mais pourrait accentuer l’écart entre les revenus espérés et ceux effectivement réalisés. Plus les attentes sont élevées, plus la déception potentielle peut affecter le cours de l’action.
Pour Take-Two, ce ne sont donc pas seulement les volumes de ventes qui comptent, mais aussi leur rythme, les marges dégagées et les dépenses réalisées après l’achat du jeu. Reste à voir si GTA VI sera capable, comme son prédécesseur, de générer des revenus pendant de nombreuses années.
Lorsque GTA VI sortira le 19 novembre, l’attention se déplacera de l’attente vers les résultats concrets. Dès le premier week-end, les critiques, les premiers chiffres de ventes et les retours sur les performances techniques offriront un aperçu de la qualité du lancement. Par la suite, les résultats trimestriels et les éventuelles révisions des perspectives permettront de mesurer ce que ce démarrage signifie réellement pour Take-Two et ses actionnaires.
GTA V a placé la barre très haut. Rockstar devra démontrer que son successeur est capable de captiver les joueurs pendant de nombreuses années. Pour les investisseurs, l’enjeu sera également de savoir si les revenus dépasseront les attentes déjà intégrées dans le cours de l’action aujourd’hui. Réussir un lancement spectaculaire est une chose. Surprendre positivement la Bourse en est une autre.